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et Patati et Patata

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Madame Bovary

Je ne croyais pas Flaubert capable de tant d'ironie et de froides plaisanteries avant de me lancer dans la lecture de Madame Bovary. Après avoir lu Contre-enquête sur la mort d'Emma Bovary, il m'a semblé presque naturel, sinon obligatoire, de lire cette oeuvre phare de Flaubert. Celui-ci apparaît comme un chirurgien de l'âme humaine, disséquant avec cruauté le moindre sentiment de ses personnages jusqu'à nous les faire apparaître vils et méprisables, assujettis à leurs passions comme des pantins au marionettiste, qui, dans l'ombre du théâtre décide du moindre geste de ses créatures inanimées. A côté de ce style amer, la langue est mirifique. Inscrit dans le mouvement naturaliste, Flaubert nous plonge dans un dix-neuvième siècle sentimentalement tourmenté, où morale et devoir accompagnaient les hommes dans chacune de leurs démarches. J'en garderai un profond émoi mêlé de pitié pour Emma Bovary, allégorie du désespoir amoureux qui ne trouva de remède au mal qui la rongeait que dans la tombe. 
C'était magnifique.

"Je l'aime pourtant !" se disait-elle 
N'importe ! elle n'était pas heureuse, ne l'avait jamais été. D'où venait donc cette insuffisance de la vie, cette pourriture instantanée des choses où elle s'appuyait ?... [...] Chaque sourire cachait un baîllement d'ennui, chaque joie une malédiction, tout plaisir son dégoût, et les meilleurs baisers ne vous laissaient sur la lèvre qu'une irréalisable envie d'une volupté plus haute.

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