et Patati et Patata
Par Libellule
Florence Foster Jenkins était la femme d'un milliardaire, férue d'art vocal. Elle s'adonnait aux joies des vocalises rossiniennes, aux airs de Delibes ou de Mozart dans des concerts privés. Forte de son triomphe auprès du public (venait-il réellement apprécier la chaleur de son timbre ou assistait-il à ces déboires vocalistiques pour se moquer de la chanteuse amateur ? ), Madame Jenkins enregistra un disque, connu aujourd'hui sous le titre The Glory (????) of The Human Voice.
La musique était l'une de mes options au baccalauréat ; l'érpeuve orale se déroulait en deux parties : interprétation d'une œuvre (pour ma part, Le spectre de la Rose de Berlioz), et réalisation d'une analyse comparative entre deux compositions. Les deux jeunes professeurs qui composaient mon jury d'examen m'avaient fait travailler sur un duo de Soprani, tiré de l'Opéra Lakme de Léo Delibes. A la fin de l'épreuve, les examinateurs me prièrent de rester encore un peu. Le sourires aux lèvres, ils avaient alors fait retentir dans la salle d'examen l'air de Lakme, interprété par Florence Foster Jenkins.
L'après-midi même, je me rendais à la Fnac pour retrouver ce fameux disque. Demandant conseil à la vendeuse, infoutue de me rappeler le nom de l'artiste, je finis par lui demander de m'orienter vers la pire interprétation qu'elle ait pu entendre des plus célèbres airs d'opéras ? En un instant, elle m'apporta la "Gloire de la voix humaine".
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