Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu.
Antoine Albalat, L'art d'écrire
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Au travers de la photographie, de la musique, des lettres, des mots, ce blog me ressemble. Il recense mes passions, il en est le témoin. Messager plus ou moins explicite de mes états d'âme, rapporteur de pensées ou d'anecdotes. A la frontière entre carnet de notes et dépêche du tout venant, ce blog est un capharnaüm de sujets éclectiques, égrénés selon l'humeur, au gré de mes envies. Une unique constance : l'absence de continuité, en dépit parfois de toute cohérence. Ni stase, ni stabilité, tout y évolue, change ou disparaît.
Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu.
Antoine Albalat, L'art d'écrire
Il y a deux sortes de lecteurs : ceux qui traversent les livres avec prudence, et ceux qui, tout aussi prudemment, laissent les livres les traverser.
Douglas Jerrold
Aux premiers abords, Les Yeux Jaunes des
Crocodiles est un pur roman étiquetté "littérature féminine" si l'on en croit la couverture bariolée du livre de poche, parfaitement accordé avec la serviette de plage de
madame, et assorti merveilleusement au dernier paréo tendance, vendu en solde au marché d'Antibes. Etiquette qui se confirme ! car c'est la littérature est indubitablement
féminine quand on poursuit l'investigation et l'exploration de ce roman au décor parisien actuel, plein vingt et unième siècle... Un panel d'héroïnes, depuis la secrétaire
franchouillarde jusqu'à l'universitaire timide, effacée et agaçante, qui, toutes, posent sur la vie, l'argent et le travail, un regard différent. Le roman de Katherine Pancol
se dévore avec voracité : les pages se succèdent avec autant de facilité que les épisodes de Grey's Anatomy si on se laisse emporter par les histoires de trahison, d'amour, de séparation...
et de retrouvailles. A emporter à la plage, dans les transports en commun, en attendant à la Poste, à la gare, ou pour rien, juste comme ça dans son lit... Cette saga de l'été
saura envoûter toutes celles qui, un jour, ont rompu, ont aimé, ont espéré et se sont battues, à n'importe quel prix. 
Il y a sur terre de telles immensités de misère, de détresse, de gêne et d'horreur, que l'homme heureux n'y peut songer sans prendre honte de son bonheur. Et pourtant ne peut rien pour le bonheur
d'autrui celui qui ne sait être heureux lui-même. (...) Mon bonheur est d'augmenter celui des autres. J'ai besoin du bonheur de tous pour être heureux.
André Gide, Les Nouvelles Nourritures Terrestres.
La peur du ridicule obtient de nous les pires lâchetés. Combien de jeunes velléités qui se
croyaient pleines de vaillance et qu'a dégonflées tout à coup ce seul mot d' "Utopie" appliqué à leurs convictions, et la crainte de passer pour chimériques aux yeux des gens sensés. Comme si
tout grand progrès de l'humanité n'était pas dû à de l'utopie réalisée ! Comme si la réalité de demain ne devait pas être faite de l'utopie d'hier et d'aujourd'hui - si l'avenir consent à n'être
point la seule répétition du passé, ce qui serait la considération la mieux capable de m'enlever toute joie de vivre. Oui, sans l'idée d'un progrès possible, la vie ne m'est plus d'aucun
prix.
André Gide, Les Nouvelles Nourritures Terrestres